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La concurrence est rude, dans le créneau des jeux de guerre. Entre Infinity Ward qui trust le live en ce moment avec son Modern Warfare 2 et Ubisoft qui nous annonce le prochain Ghost Recon Future Soldier, le conflit n’est pas prêt de s’éteindre. EA sort donc l’artillerie lourde et tente de faire place nette histoire de –justement- se faire une place au soleil. La Bad Company est née pour donner une plus grande personnalité à la série des Battlefield. Jusque là assez anonymes, les épisodes ne proposaient aucun véritable héros. BBC premier du nom personnalisait un peu le conflit en proposant une campagne avec des personnages aux caractères forts et prononcés, à l’ambiance barrée plutôt axée sur la dérision. La Bad Company a-t-elle une chance face aux bulldozers qui lui font face ? Stay tuned…
Graphiquement, le jeu est plutôt réussi. On y trouve des choses excellentes, d’autres un peu moins bonnes, ce qui donne par moments des impressions mitigées. De manière générale, on est quand même dans le domaine du très bon. Tout est fluide, les animations sont réalistes, les décors chargés, l’ensemble étant ponctué d’effets d’ombres et de lumières dynamiques du plus bel effet, avec des nuages de particules et de débris très réussis. Sans oublier la végétation (parfois luxuriante), qui bruisse et donne une réelle impression de volume au contact. Un régal, qui donne au jeu des airs de pique-nique champêtre (les tirs de mortier en plus). On regrettera parfois des couleurs ou textures un peu ternes, ou encore le manque de renouvellement de certains éléments (les intérieurs, désespérément vides, ou dotés du même papier peint), mais ça reste du détail.
Niveau sonore, c’est tout bon avec des bruitages parfaitement efficaces, des musiques fidèles à l’ambiance et au rythme du jeu et des voix –globalement- bien doublées. Petit plus, les puristes auront accès à la VO via le menu des options, ce qui permet de bénéficier des voix originales sous-titrées (un peu mieux doublées, même si la VF est tout à fait honnête).
Pour la prise en main, pas de grosses surprises, c’est dans la norme du FPS actuel de base. Ca répond vite et bien, RAS de ce côté.
Si la plastique de la bête est alléchante, le moment est venu de regarder sous sa jupe : certaines missions se déroulent en Amérique du sud, et au Brésil c’est une pratique courante pour éviter les mauvaises surprises. En plus, les jeux-vidéo, c’est un peu comme les voitures d’occasion : quand la carrosserie est trop nette, c’est généralement qu’il y a un vice caché sous le capot…
Mais pourtant, même en cherchant bien il est difficile de trouver une jambe de bois à la Bad Company. La campagne solo a repris une voie plus classique depuis le premier volet. Fini la grosse déconne et les trucs complètement déjantés, même si le ton reste assez léger et bon enfant. Tout est affreusement scripté, au détriment de la liberté d’action, mais à l’avantage de la cinématisation de l’action. On est dans un film de guerre rondement mené, avec ses rebondissements, ses moments forts et… ses moments forts. Ah, il y a quand même quelques interludes divertissants, comme ces petites pauses que s’octroient régulièrement vos acolytes pour discuter, au prix de dialogues absolument délicieux. Un morceau choisi, parmi tant d’autres : « Saloperie de mardi ! J’arrive pas à me sortir les doigts du cul, le mardi ! » Exquis. Blague à part, la personnalité des héros est très bien posée et rendue, leur caractère formidablement brossé en quelques interventions judicieuses (« sergent, vous avez vraiment les yeux révolver. » (…) « Non, moi je pense qu’il est allergique à l’amour »… bref, attendez-vous à du lourd.) Les cinématiques (moteur du jeu) ne sont pas exceptionnelles et l’histoire est sans surprise, mais on arrive au bout de la campagne avec plaisir.
Comme on n’aura assez peu envie d’y revenir, si ce n’est pour récupérer toutes les armes et autres trucs cachés ici ou là, on s’orientera ensuite tout naturellement vers le multi.
Et là, c’est la vraie bonne surprise. Battlefield a toujours eu la prétention de retranscrire au mieux le combat de masse. Aux antipodes d’un Rainbow Six à vie unique, le jeu propose une mécanique qui favorise le respawn pour dynamiser l’ensemble et simuler au mieux les vagues d’ennemis qu’on peut trouver sur un « vrai » champ de bataille (bon là encore ça dépend des batailles, hein, mais ne chipotons pas). Si sur BBC1 le résultat était assez mitigé, force est d’avouer que le résultat est nettement plus convaincant. Les cartes immenses et totalement ouvertes changent radicalement de la campagne solo et de ses couloirs sans embranchement. Ici, vous pouvez aller partout et les différents objectifs disséminés sur la map peuvent être rejoints par n’importe quel moyen. Les modes de jeu favorisent la stratégie, avec des variantes autour de modes conquêtes et de ses dérivés. Mention spéciale au mode Ruée, qui propose à une équipe de prendre les positions défendue par l’autre. Une fois que les positions A et B sont tombées, les défenseurs perdent la base et se replient sur une seconde ligne de défense, et ainsi de suite jusqu’à la prise du dernier objectif ou l’épuisement des ressources des assaillants (les défenseurs ayant, eux, un respawn illimité).
Le champ de bataille prend réellement des allures dignes de ce nom, les véhicules (allant du scooter des mers ou du quad à l’hélico de combat ou au tank, en passant par le drone téléguidé, tous jouables comme passager ou pilote) donnant à l’ensemble des airs de guerre totale.
Les types de combattants apportent aussi leur lot de diversité : assaut, ingénieur, médic ou snipeur, chacun avec ses spécificités qui vous permettront, à chaque respawn, de choisir le plus adapté à la situation (ou à ce que vous voulez faire). Autre particularité innovante : les escouades. Vous êtes parfaitement libre de former X escouades (privées ou publiques) au sein de votre équipe. Plusieurs avantages, comme de connaître à tout moment la position de vos équipiers, de pouvoir respawner à côté d’eux plutôt qu’à la base, et de pouvoir coordonner des actions ensemble.
Globalement, le jeu est vraiment plus stratégique qu’un MW2, avec des rôles distincts et complémentaires (le médecin peut soigner / ranimer les blessés, l’ingénieur réparer les véhicules, le snipeur demander des tirs de mortier, etc.) Bien coordonnés, on se régale à mettre au point des stratégies pour tenir ou prendre une foutue position. D’autant qu’avec la quasi-totale destructibilité des décors, vous découvrirez vite une réalité militaire : aucune position n’est imprenable. Et vous découvrirez dans la foulée une seconde réalité militaire : votre job est de tenir une position imprenable. Bonne chance !
BBC2 est une vraie réussite. Sans être parfait, le jeu accumule néanmoins les qualités et mérite amplement d’être essayé. Etrangement, le mélange donné par le respawn infini et la stratégie est détonnant, le côté bourrin ne prenant jamais vraiment le pas sur l’aspect tactique, mais lui donnant une intensité impressionnante. Sans compter la marge de progression avec le système de grades et d’items / atouts à débloquer (merci MW2), qui vous rendra de plus en plus redoutable avec le temps (et de plus en plus souffre-douleur au début, par opposition).
Une vraie réussite, qui à défaut de supplanter son concurrent direct qu’est MW2, le complète à la perfection. Finissions sur cette dernière citation de Ghost-Rider, le pilote-pacifiste qui vous accompagnera dans la campagne solo : « tu vois, ces missiles russes, c’est d’la merde ! Avec un Javelin j’aurais dû faire un truc plus rock ‘n roll ! » Enjoy.
Source : La rédaction
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